Avocats

Peut-on utiliser l’IA pour rédiger des conclusions ?

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Skilia
8 septembre 2026
5 min de lecture
Modifié le 8 septembre 2026 à 16:40

L’intelligence artificielle générative est tout à fait capable d’assister les avocats dans de nombreuses tâches. D’ailleurs, une étude de Goldman Sachs estime que les IA génératives pourraient automatiser près de 44% des tâches dans le domaine du droit et que plus de la moitié des emplois dans le juridique pourraient être assistés par IA dans un futur proche (1). L’IA dans le juridique peut en effet représenter un vrai gain de temps pour les professionnels du droit. Elle ne doit toutefois pas remplacer l’analyse, le raisonnement et le contrôle de l’avocat. Alors quand est-il vraiment de son utilisation pour la rédaction de conclusions ?

Une aide à la rédaction, pas un remplacement total

Dans son guide pratique édité en 2024 et mis à jour en 2026, le Conseil national des barreaux reconnaît que la rédaction de contenus juridiques est l’un des points forts de l’IA générative (2). L’IA peut en effet être utilisée pour préparer un premier jet, reformuler un passage, améliorer la structure d’un argumentaire ou encore synthétiser des documents.

Elle peut également aider l’avocat à organiser les éléments d’un dossier ou à identifier les principaux arguments à développer. Mais le contenu produit par l’IA ne peut pas être repris tel quel sans vérification. Le contrôle humain doit toujours primer, et c’est également ce que rappelle le CNB dans son guide.

Des limites déontologiques à respecter

L’utilisation de l’IA reste soumise aux mêmes règles déontologiques que l’ensemble de la profession. Le secret professionnel et la confidentialité sont notamment des principes auxquels l’avocat ne peut pas déroger lorsqu’il utilise une IA juridique. Le CNB rappelle par exemple que le choix d’un outil doit tenir compte de la sécurité des données, de leur confidentialité et de leur éventuelle réutilisation par les modèles d’IA.

L’avocat doit donc être particulièrement prudent lorsqu’il transmet à une IA des éléments issus d’un dossier. Il doit absolument veiller à la confidentialité des informations transmises, soit en les anonymisant soit en évitant de transmettre certaines informations aux outils d’IA.

D’ailleurs, les IA publiques ou généralistes ne disposent pas toujours de garanties suffisantes pour recevoir des informations confidentielles. Le CNB recommande ainsi une extrême prudence concernant les données communiquées aux outils d’IA et déconseille de transmettre des informations permettant d’identifier les clients ou les dossiers.

L’utilisation d’une solution professionnelle offrant des garanties adaptées est également toujours préférable à celle d’un outil grand public. C’est notamment le cas de GenIA-L Assistant, une IA générative qui s’appuie sur les fonds documentaires et l’expertise de Lefebvre Dalloz. Un outil pensé pour les professionnels du droit qui permet de rechercher des jurisprudences, rédiger des contenus juridiques ou encore analyser des décisions de façon fiable et sécurisée. 

Le risque d’erreurs reste réel

C’est d’autant plus vrai avec une IA publique ou généraliste, mais ça le reste avec des IA juridiques : l’intelligence artificielle peut produire un texte juridiquement faux tout en donnant une impression de parfaite crédibilité.

Elle peut notamment inventer une jurisprudence, modifier le sens d’une loi ou encore appliquer une règle qui n’est plus d’actualité. Ce risque est particulièrement problématique lors de la rédaction de conclusions. Une erreur dans une référence, un article de loi ou une décision peut faire tomber toute l’argumentation et, selon les circonstances, porter préjudice au client.

La vérification humaine reste indispensable

Lorsqu’il utilise une IA juridique pour rédiger ses conclusions, l’avocat doit donc conserver la maîtrise totale du document final. Il doit en effet vérifier toutes les références citées, retrouver les décisions ou les textes mentionnés pour s’assurer de leur fiabilité, mais aussi vérifier les actualités et les arguments présentés. 

C’est en effet au professionnel de s’assurer que les contenus produits par l’IA sont fiables et pertinents par rapport au dossier traité. Il en va de son devoir de prudence, de diligence et de compétence. 

Une certaine transparence vis-à-vis des clients est également recommandée par le CNB qui propose aux avocats d’inscrire dans leurs conventions d’honoraires une clause précisant la façon dont ils vont utiliser l’IA dans leur pratique. L’avocat conserve ainsi l’entière maîtrise et la responsabilité de l’ensemble des tâches qu’il réalise avec l’IA, y compris la rédaction de ses conclusions.

Que peut-on donc faire avec l’IA juridique ?

L’utilisation de l’IA peut être pertinente pour de nombreuses tâches, et notamment pour les missions chronophages comme :

  • La recherche d’informations
  • La reformulation de passages dans un texte
  • La rédaction d’un premier jet
  • La structuration d’une argumentation
  • La synthèse de documents…

En revanche, il serait risqué de lui confier sans contrôle la rédaction complète de conclusions destinées à être déposées devant une juridiction. L’IA peut assister, mais c’est à l’avocat de vérifier et de décider.

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